PETIT
HISTORIQUE DE LA COMMUNE
La région de Coffrane paraît avoir été habitée très
anciennement puisqu'on y trouve un tumulus qui a livré des objets dont les
âges s'étalent entre l'âge du bronze et la période de la Tène. La première
mention écrite de Coffrane remonte à 1092, lorsque Humbert, en fondant le
prieuré de Corcelles, lui accorde « ecdesiam de Cusfrano». On trouve
également les graphies de Corfrano, Corfragnes et Coursfrasne.
D'une superficie totale de 651 hectares, dont 167 de
forêts, la commune est formée de deux parties assez distinctes. Celle qui
entoure le village, située à une altitude moyenne de 790 mètres, est dévolue à
l'agriculture. L'autre s'étend de La Rasereule, à 820 mètres, sur le flanc sud
du Mont-Racine jusqu'aux Arêtes à près de 1'400 mètres;elle est composée de forêts et de pâturages. La
commune possède en outre une petite enclave au nord du Mont-Racine englobant
les pâturages de la Racine-du-Creux. Coffrane comptait 209 habitants en
1750, 510 en 1900, mais seulement 400 en 1950. Puis, le village étant peu à peu
devenu une zone résidentielle pour des gens travaillant à l'extérieur mais
désireux de vivre dans le calme de la campagne / sa population augmenta pour
atteindre 570 habitants en 1990 et plus de 620 aujourd'hui.
Coffrane est la patrie des Bréguet, Gretillat et
Jacot. Les habitants de Coffrane portent le charmant sobriquet d'Anons.
Ce sympathique animal devait probablement figurer sur l'étendard d'une famille
burgonde, comme c'était également le cas à Ballaigues (VD), Chêne-Pâquier (VD)
ou Guin (FR).
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Outre la présence de l'église, mentionnée en 1092 mais
dont on ne sait rien, l'existence d'une paroisse est attestée en 1228. Mais une
autre date a marqué l'histoire du village, celle du 28 février 1296, jour de la
bataille de Coffrane au cours de laquelle le comte Rollin de Neuchâtel battit
les seigneurs de Valangin qui refusaient de reconnaître la suzeraineté de la
maison de Neuchâtel et qui s'étaient alliés en vain à l'évêque de Baie pour se
défendre.
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La
bataille de Coffrane
En 1296,
une bataille a eu lieu dans les environs de notre village. Au Moyen-Age, les
puissants suzerains tiraient leur pouvoir de la possession de terres, de points
stratégiques (comme les forteresses) et de leur clientèle de vassaux. Les
notions de frontières et d’espace territorial n’étaient pas du tout clairement
définies.
Les
forces en présence : Jean I,
Thierry et Ulrich d’Aarberg, seigneurs de Valangin, dont la seigneurie compte le
Val-de-Ruz et les montagnes proches jusqu’au Doubs (frontière avec la France).
Rodolfe
IV, comte de Neuchâtel.
Querelle
: Les
relations entre les deux parties étaient tendues depuis plusieurs années déjà
pour des questions militaires et d’argent.
Fait
nouveau : La fin de
l’année 1295 et le début de l’année 1296 allaient être marqués par l’entrée en
jeu d’un nouvel acteur : l’Evêque de Bâle. Les seigneurs de Valangin lui
donnèrent leurs forteresses de la Bonneville et de Valangin ainsi que la «
ville de Bussy » qui se trouvait entre Coffrane et Valangin avec tous les
droits qui s’y rattachaient. L’Evêque devait posséder ces biens pendant trois
ans sous la condition de bâtir durant ce même délai une forteresse sur la
montagne voisine du château de Valangin. Le but des seigneurs de Valangin était
clair : il était de nature militaire. La nouvelle construction leur permettrait
de se protéger de l’ennemi que représentait le seigneur de Neuchâtel. Cette
alliance allait provoquer la colère du comte de Neuchâtel car il savait bien
que l’Evêque de Bâle représentait une menace pour lui. Sa réaction fut très
rapide.
La
bataille : Le 28
février déjà, les troupes des deux adversaires se rencontrèrent dans la région
de Coffrane. Les soldats de Rollin mirent en fuite ceux de l’Evêque de Bâle
alliés aux seigneurs de Valangin. Jean et Thierry d’Aarberg furent faits
prisonniers.
Conséquences
: Le comte
de Neuchâtel profita tout de suite de sa victoire pour imposer à ses cousins
des conditions qui devaient être très dures. Elles ne sont malheureusement pas
connues avec exactitude. La copie d’une lettre nous apprend néanmoins ceci :
les seigneurs de Valangin devaient se reconnaître félons (traîtres) envers leur
suzerain. De plus, ils devaient donner de l’argent pour racheter leur propre
vie, payer les frais de guerre, redonner au comte de Neuchâtel le bourg et le
château de Valangin ainsi que le village de Boudevilliers.
Texte
réalisé par
l'école primaire de Coffrane, juin 1999 |
Hormis ce fait sanglant, l'histoire apparemment calme du village est
ponctuée d'incendies, notamment en 1652,1752,1823 et 1826. Le plus terrible
fut celui de 1841 qui anéantit 25 maisons et le temple. Quelques bâtiments
agricoles anciens furent par la suite réaménagés en appartements.
Par le passé, l'agriculture a
représenté la principale source de revenus. L'exploitation forestière a
également joué un rôle important. En 1827, lors du partage des biens entre les
partenaires de la «Générale communauté» formée en 1486 avec Montmollin et les
Geneveys-sur-Coffrane, les parcelles de forêts furent tirées au sort et, depuis
lors, elles ne correspondent plus aux limites communales. Cette répartition est
toujours en vigueur malgré les inconvénients qu'elle présente pour
l'exploitation.
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Collection
cartes postale Wymann André
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Vue du village dans les années 1910
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Coffrane est resté pendant longtemps à l'écart des lignes de transports
publics. Outre la route, il était relié directement à Peseux par un chemin en
lacets. Mais pour rejoindre Neuchâtel ou Le Locle, les Anons devaient
monter à la gare CFF toute proche des Geneveys-sur-Coffrane. Depuis une dizaine
d'années, un service de bus relie le village au reste du canton via cernier.
 Texte
tiré de Pays Neuchâtelois Magazine Regards et tour d'horizon. spécial district du Val-de-Ruz Les
Editions du Château
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